LE MULTI-CULTURALISME A FORGÉ LA FORTE PERSONNALITÉ DE LA VICE-CHAMPIONNE OLYMPIQUE.
Fille de parents athlètes de la Suisse, la vice-championne olympique de volleyball de plage Brandie Wilkerson ne se destinait pourtant pas à une carrière dans le sport professionnel. En effet, son père, Herb Johnson Wilkerson, un joueur professionnel de basketball; et sa mère, Stéphanie, coureuse de fond, deux fois finaliste de l'Ironman; ne l'ont pas encouragé à suivre leurs traces, «non», disaient-ils à leur fille ainée, «fait un vrai métier, ce n'est pas le genre de vie que tu veux».
Lorsque sa famille déménage à Toronto, au Canada, en 1999, alors qu'elle n'a que sept ans, la petite Brandie est confrontée à des difficultés d'adaptation. Francophone, puisqu'elle est originaire de Lausanne, elle ne parle pas anglais, ses parents ne sont pas riches, et les membres de la famille ne connaissent rien de leur nouveau pays.
Bien que Brandie soit plus attirée par les arts, tels que la peinture, la photographie ou la mode, c'est la pratique de plusieurs sports à l'école qui l'aidera à s'intégrer dans son nouveau milieu de vie, en se faisant des amis. Elle aime tout essayer : basketball, soccer, rugby, athlétisme, avant de commencer à jouer au volleyball en salle à l'âge de 17 ans.
Dotée d'une génétique avantageuse héritée de ses parents, et renforcée par l'habitude de surmonter les obstacles de la vie difficile d'immigrante dans un pays étranger, ses capacités athlétiques se développent rapidement grâce à la pratique de plusieurs sports, ce qui en fait une joueuse de volleyball exceptionnelle dès le départ.
La jeune métis connaît beaucoup de succès à l'Université de York, et elle devient même une des meilleures volleyeuses au niveau universitaire canadien. Le Centre National d'Entraînement de volleyball de plage est situé tout près de son école. Des amis qui le fréquentent l'implorent d'essayer cette discipline sportive puisqu'ils sont certains qu'elle y excellerait.
Inspirée par les démonstrations de ce sport aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, Brandie se laisse convaincre et commence à jouer au volleyball de plage l'année suivante. Les résultats sont immédiats et fulgurants.
À partir de là, sa progression sera rapide et exceptionnelle. Wilkerson est spécialement bonne comme bloqueuse au filet. Coup de chance, l'équipe nationale manque de spécialiste dans cet aspect du jeu. Ça l'aidera à se faire une place dans la formation canadienne.
Elle va parfaire le développement de ses compétences dans des tournois de plus en plus importants, avant de servir de suppléante lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016. C'est à cette occasion qu'elle peut évaluer ce dont elle a besoin pour devenir une véritable olympienne.
Parce qu'elle a pratiqué plusieurs sports durant sa jeunesse, Brandie a affiné des qualités naturelles qu'elle possédait déjà par sa génétique d'athlète : l'agressivité, l'intuition, et le sens du timing. Des atouts précieux qui font une grande différence au volleyball.
Elle est également une travailleuse acharnée toujours en quête d'amélioration, notamment en observant jouer les volleyeurs masculins. Elle souhaite copier leur style, leur créativité, leur agressivité et leurs tactiques, notamment comment utiliser sa grande taille (1 mètre 78) au filet.
Après les Jeux de Rio, Wilkerson s'associe avec Heather Bansley. Leur collaboration produit des résultats remarquables, notamment en 2018, lorsqu'elles remportent six médailles (deux de bronze, une d'argent et trois d'or) sur le circuit professionnel de volleyball de plage. Brandie est désignée meilleure bloqueuse de l'année pour cette saison exceptionnelle du duo canadien, qui se hisse au premier rang mondial dans leur discipline.
Aux Jeux Olympiques de Tokyo, deux années plus tard (2020), après un mauvais début de tournoi, on leur prédit une élimination rapide, mais le duo Wilkerson/Bansley déjoue les sombres pronostics en atteignant les quarts de finale, avant de s'incliner, et de terminer au 5e rang de la compétition. C'est néanmoins la meilleure performance historique du Canada en volleyball de plage féminin.
Après avoir terminé son partenariat avec Heather Bansley, au terme de la saison 2021, Brandie s'unit à Sophie Bukovec pour décrocher la médaille d'argent aux Championnats Mondiaux de Rome 2022.
Malgré ce succès, Wilkerson choisit de se joindre à une nouvelle partenaire, Melissa Humana-Paredes, une ancienne coéquipière de ses années d'étude à l'Université de York. Joueuse expérimentée, et une des meilleures défenseure au monde en beach volley, Melissa représentait un excellent complément aux talents de Brandie, et celle-ci était curieuse de savoir jusqu'où leur collaboration pouvait les conduire.
La chimie entre les deux partenaires a mis du temps à se développer. Elles avaient des styles et des manières de jouer très différentes. Mais lorsqu'elles se sont bien comprises et qu'elles ont appris à jouer ensemble, leur patience et leur travail ont porté leurs fruits.
Le hasard, ou plutôt un tournoi sensationnel de Brandie Wilkerson et Melissa Humana-Paredes (dont le père est l'entraîneur du duo), a conduit à leur rencontre avec leurs rivales brésiliennes en grande finale des Jeux Olympiques de Paris 2024.
Le duo Lisboa/Ramos était largement favori pour l'emporter, mais les Canadiennes leur ont opposé une lutte épique et intense, qui n'a trouvé son dénouement qu'à la fin du troisième et dernier set (26-14 ; 12-21 et 15-10 en faveur des Brésiliennes). C'était la première fois qu'une finale olympique féminine était aussi âprement disputée.
Avant que les Brésiliennes n'inscrivent cinq points consécutifs pour clore la rencontre, un sévère accrochage survient près du filet entre Lisboa et Wilkerson. On se pointe du doigt, on s'invective, et on crie à qui mieux mieux. Les arbitres doivent intervenir et les séparer, mais Brandie continue à argumenter violemment. Elle se voit décerner un carton jaune.
C'est alors qu'un événement amusant s'est produit. Pour apaiser les tensions, le DJ du tournoi a commencé à jouer la chanson "Imagine" de John Lennon, un hymne célèbre à la paix et à l'unité. Les joueuses sur le court se sont mises à rire, et les Canadiennes ont applaudi en signe d'approbation, tout comme les spectateurs dans les gradins, qui chantaient à l'unisson.
Lors de la cérémonie de remise des médailles, Wilkerson et Lisboa se sont réconciliées et embrassées. Un bel esprit sportif digne des Jeux Olympiques.
Wilkerson et Humana-Paredes ont failli accomplir l'impossible : vaincre les championnes brésiliennes, dont le pays est le berceau du volleyball de plage. Dans cette discipline, c'est la première médaille olympique du Canada depuis la médaille de bronze des hommes à Atlanta en 1996.
Qui sait, ces fières compétitrices vont peut-être s'affronter de nouveau aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. En attendant, Brandie Wilkerson poursuivra son parcours sur le circuit professionnel féminin, qui fait chaque année escale à Gstaad dans pays natal, la Suisse, où vit sa famille.
Ainée d'une famille de quatre enfants, Brandie a appris à être une leader et une bonne coéquipière en prenant soin de ses frères et de sa soeur, dès son jeune âge. Immigrante dans un pays étranger, elle a dû développer des capacités d'adaptation et de débrouillardise qui lui ont été utiles dans le sport.
La joueuse d'élite y apprécie toujours ses magnifiques montagnes et les spécialités suisses, telles que le bon pain et le succulent chocolat. Elle en profite également pour pratiquer sa langue maternelle, le français, puisqu'elle n'a pas l'opportunité de le faire lorsqu'elle se trouve en Amérique du Nord, à Toronto ou à Los Angeles, où elle passe la majorité de son temps.
Elle puise sa force dans les trois cultures qu'elle a connues au cours de sa vie. Du Canada, elle retient la gentillesse, l'intelligence, la modestie et la ténacité.
Chez les Américains, elle a appris l'agressivité, la confiance et la force de caractère. À moitié noire, Wilkerson dit avoir hérité de cette culture la polyvalence, en étant capable de faire beaucoup avec peu de moyens.
Enfin, en raison de ses origines européennes, elle apprécie une certaine classe, ainsi que la finesse et certaines manières raffinées, comme l'étiquette à table lors des repas. Elle adore les trois cultures et ne saurait s'en passer.
Après sa carrière sportive, Brandie Wilkerson compte retourner à ses premières amours, c'est-à-dire, le monde des arts. Elle compte plusieurs amies dans ce domaine. Des amies très surprises, -comme elle, d'ailleurs-, de l'avoir vue faire carrière dans le sport au lieu de se diriger vers un métier d'art, qui la faisait rêver lorsqu'elle était jeune.
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