vendredi 26 mars 2021

ALICA SCHMIDT : LA COURSE ET LA BEAUTÉ DANS LE SANG...


Enfant, la petite Alica Schmidt courait partout.  Tout le temps !  Ce n'est pas anormal pour un enfant de vouloir courir.  Mais dans le cas de cette blonde fillette, née vers la fin de l'année 1998, en Bavière, cette envie et cette joie, de courir autant et toujours, semblaient exagérées.

Une simple promenade avec ses parents, dans le voisinage de la maison familiale, n'était qu'une occasion de courir pour Alica.  Un peu au désespoir de maman et papa, qui lui rappelaient sans cesse qu'elle pouvait se contenter de marcher avec eux !

Cette prédisposition à courir, et à courir beaucoup et souvent, son paternel pouvait mieux la comprendre.  Il avait déjà été lui-même un athlète dans des compétitions de pistes et pelouse.  Il avait probablement transmis ses gènes de coureur à sa petite fille...

Ou bien, Alica avait simplement des surplus d'énergie à dépenser, et qu'il fallait trouver un moyen de canaliser ces débordements.

Ce moyen, le paternel le trouva par hasard.  Alors que sa fille avait sept ans, et que la famille était en vacances, leur chemin croisa celui de Thomas Kremer, un entraîneur professionnel de sprint pour les femmes.

En voyant courir Alica, avec son oeil averti, Kremer remarqua tout de suite qu'elle possédait cette faculté naturelle, ce don exceptionnel et hors du commun, de contracter merveilleusement les muscles de son corps.  Cette habileté rare créait une tension qui la projetait à la fois avec force et souplesse vers l'avant.  Une qualité que Kremer reconnaissait chez les coureuses d'élite qu'il entraînait pour des épreuves de vitesse.



Faisant part de ses observations aux parents de la douée fillette, Thomas Kremer les convainc de l'inscrire au club athlétique local.  Au club, Alica s'en donne à coeur joie.  Elle peut enfin assouvir sa passion pour la course.  Elle prend part rapidement à des compétitions de courses à relais, à des 400 mètres, et aux sauts en longueur.

Arrivée à l'adolescence, douée, progressant vite grâce à son assiduité aux entraînements, elle rêve de pouvoir compétitionner un jour aux Jeux Olympiques.

Le club d'athlétisme local est devenu trop petit pour son talent et ses ambitions.  Elle déménage à Postdam, où les possibilités et les moyens d'entraînement sont meilleurs.  C'est d'ailleurs à cet endroit qu'elle fera la connaissance de son amoureux, Fredi Richter-Mendau.

Un peu plus tard, alors qu'elle est d'âge junior, et qu'elle multiplie les victoires en compétitions, ce site de développement ne suffit plus.  C'est au prestigieux et renommé club SCC de Berlin qu'elle sera acceptée et qu'elle pourra poursuivre son ascension.

À dix-huit ans, un événement déterminant viendra changer sa vie.  En effet, en 2017, aux championnats européens d'athlétisme pour les moins de vingt ans, elle remporte une médaille d'argent dans le relais 400 mètres.

Bénéficiant d'une meilleure exposition, dans le cadre de cette compétition de plus grande envergure, elle ne manque pas d'être remarquée par un nombre impressionnant d'observateurs, un peu partout dans le monde.

Ce phénomène de popularité ne fera que s'amplifier deux ans plus tard, en Suède, aux championnats européens d'athlétisme pour les moins de 23 ans.  Avec ses coéquipières allemandes, elle décroche la médaille de bronze, toujours sur 400 mètres.

Encouragée par ces succès éclatants, son rêve olympique semble en voie de se réaliser pour Tokyo 2020.  La pandémie de COVID-19 y mettra fin.  Tout s'est arrêté l'an dernier.  Avec le confinement, les sites d'entraînement ont fermé.  Les compétitions ont été annulées.

Même si elle a continué de s'entraîner seule, en courant en forêt, dans sa Bavière natale, Alica Schmidt estime que ce n'est pas suffisant et qu'elle n'est pas prête pour les JO de Tokyo, cet été.  Son objectif devient les Jeux de 2024, à Paris.

Prête, elle ne l'était pas non plus pour l'énorme attention qu'elle a reçue de la part des médias après ses exploits aux championnats d'athlétisme de 2017.  Les nombreuses demandes d'entrevue et de commandites, la multitude de reportages multi médias à son sujet, la foule de photographes qui veulent croquer son portrait, et la vitesse vertigineuse à laquelle croît le nombre d'abonnements à son compte Instagram la stupéfait et la rend confuse.

La tempête médiatique survient avec le magazine australien «Busted Coverage» qui couronne la belle jeune femme de dix-huit ans du titre «d'Athlète la plus sexy au monde».  Pas surprenant, avec ce titre, que même les gens de Playboy lui offre un gros cachet pour qu'elle apparaisse dans les pages de leur revue coquine.  Offre que Alicia a refusé, bien entendu...

La splendide Allemande, aux longues jambes et à la blonde chevelure, est d'abord incrédule, et même offusquée, face à ce déluge de popularité, imputable à son apparence physique plutôt qu'à ses bonnes performances sur les pistes de course.  Elle s'inquiète (ainsi que ses parents) des tentatives d'intrusion dans sa vie personnelle.

Honnêtement, elle ne comprend pas cette folie.  Pourquoi toutes ces caméras se fixent tellement sur elle alors qu'il y a tant d'autres jolies athlètes partout sur la planète ?  Il faut spécifier qu'à l'adolescence Alica n'aimait pas son physique.  Elle se trouvait trop maigre !

Si elle apprivoise mieux tout ce battage publicitaire autour de sa beauté; si elle accepte quelques offres de sponsors comme Puma et Foodspring, si elle consent à jouer les mannequins de mode pour faire des publicités télévisées; c'est pour l'avancement de sa carrière sportive, qui demeure sa grande priorité, et pour promouvoir les bienfaits d'une bonne santé via l'exercice physique (fitness), et une saine alimentation.



Si Alicia Schmidt est si soucieuse de son excellente forme physique en s'entraînant le mieux possible, c'est non seulement pour faire le maximum pour atteindre son plein potentiel d'athlète.  C'est également pour prévenir ce qu'elle redoute le plus au monde : les blessures.

En 2018, elle a dû cesser complètement de courir et de s'entraîner pendant trois longs mois, à cause d'une douloureuse blessure au bas du dos.  Elle était même terrifiée à la pensée qu'elle ne pourrait plus jamais courir.  Elle vivait les pires moments de sa vie.

Heureusement, elle a guéri ses blessures et elle a pu reprendre la forme.  Mais elle fera tout en son possible pour ne plus jamais revivre ce genre d'épreuve.

Si elle insiste pour qu'on ne la réduise pas seulement à son apparence physique, ni même à ses exploits sportifs, c'est que Alica privilégie des valeurs fondamentales comme son éthique de travail, son enrichissement intellectuel par ses études universitaires en management des médias et des communications, ses amitiés, l'amour de sa famille, et son implication dans des causes humanitaires.

En 2018, cette grande voyageuse a d'ailleurs utilisé sa notoriété pour récolter des fonds afin de venir en aide aux victimes du tremblement de terre de Lombok, en Indonésie.


Avec la célébrité vient la rançon de la gloire.  Alica est parfois la cible de mauvais commentaires sur les réseaux sociaux.  Des magazines à potins rapportent également des faussetés à son sujet.  Mais elle a une solide tête sur les épaules.  Elle n'est pas du genre à s'arrêter à ces bêtises.

Sa popularité, si grande soit-elle, ne lui enfle pas la tête.  Son entourage et ses proches l'aident à garder les pieds sur terre, même si, à pleine vitesse, sur les pistes de course, elle semble vouloir s'envoler !

Le «glamour» ?  Très peu pour elle.  Elle en connaît les dangers.  Elle ne se laisse pas étourdir par les feux de la rampe.  Elle garde sa concentration sur ce qui est le plus important à ses yeux.

Pour elle, la beauté qui compte le plus, c'est la beauté intérieure.  Même si, à regarder ses fabuleux «looks» (voir montage photos ci-dessous, sur la chanson «Runnin -Lose It All», de Naughty Boy, avec en vedette Beyoncé) on peut penser que, si la beauté était une course, Alica Schmidt la gagnerait avec plusieurs longueurs d'avance sur ses plus ravissantes concurrentes !


  

vendredi 21 août 2020

ROSA OGAWA PIONNIÈRE DES RACE QUEENS AUJOURD'HUI TROP SEXY POUR LE SPORT...


La première hôtesse de l'ère moderne des courses automobiles a été Rosa Ogawa.  À la fin des années 1960, ce mannequin japonais est devenu la "reine mère" du sport motorisé.  Les "race queens", c'est encore ainsi que l'on surnomme au Japon les jolies filles sexy qui, souvent sous une ombrelle, embellissent les abords des pistes de course de motos ou de voitures de sport.  Pourquoi ce nouveau "métier" d'hôtesse est-il apparu d'abord au pays du soleil levant ?  Peut-être parce qu'il s'inscrivait dans la suite de l'ancienne tradition nippone des geishas.


En occident, on sait peu de choses au sujet de Rosa Ogawa.  Mais les rares photos, et les informations disponibles, nous laissent deviner quel destin, à la fois singulier et tragique, cette beauté orientale a connu.  On ne peut s'empêcher de sourire en observant les images qui nous montrent "l'ancêtre" des grid girls à la fin de la décennie 1960 et au début de la suivante.  Rosa est vêtue à la mode de ce temps-là, une époque historiquement très mouvementée, alors qu'un fort vent de révolte, de changement, de révolution et de modernisme soufflait sur le monde.





On assistait à un véritable choc des générations.  Les "baby boomers" défiaient l'autorité de leurs parents et les règles de l'ordre établi, une douzaine d'années après la fin de la folie de la Seconde Guerre Mondiale.  Aux États-Unis, de plus en plus de jeunes militaient contre l'idée même de la guerre en refusant de s'enrôler pour aller combattre au Vietnam, ou en réclamant la fin des hostilités et le retour des troupes au pays.  Avec les hippies ils criaient : «faites l'amour, pas la guerre» !


En Europe, en particulier en France, et aussi au Japon, cette période est marquée par d'immenses manifestations et des grèves d'étudiants.  On s'insurge contre les inégalités et les injustices.  On réclame l'égalité des chances pour tous.




Les femmes, trop longtemps cantonnées dans leurs rôles de procréatrices et de "reines" du foyer; mises en tutelle par leur mari; non pleinement reconnues comme "personnes" ayant les mêmes droits et le même statut juridique que les hommes; descendent également dans la rue pour protester.  Femmes libérées, elles exigent le droit à l'avortement, l'égalité des sexes dans le monde du travail.  Les plus militantes vont jusqu'à brûler leur soutien-gorge en public !  Leur lutte n'est pas encore terminée...


Agitées, passionnantes et excitantes, ces années le sont également à cause des grands progrès et des nouveautés dans les domaines scientifique, technologique et artistique.  En juillet 1969, portés par ces avancées remarquables de la science, des hommes marchent sur la lune et reviennent sains et saufs sur la terre.  Un exploit extraordinaire !  Les ordinateurs, les satellites de communication, l'informatique, commencent à révolutionner la vie humaine, sur le chemin du "village global".  Les modes musicales et vestimentaires s'éclatent.





C'est dans ce courant de modernisme et d'audace que l'on retrouve Rosa Ogawa à la fin des "sixties".  Parmi ses souvenirs, il y a cette photographie d'elle, resplendissante de jeunesse, qui nous la présente (photo sous le titre de cet article), retenant sa mini-jupe retroussée par le vent.  Un clin d'oeil à l'image légendaire de Marilyn Monroe.  Comme elle, par un cruel hasard, la séduisante japonaise allait vivre des moments dramatiques.


En ce temps-là, à l'heure des terribles assassinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy, les seules présences féminines à proximité immédiate des pistes de course automobile étaient celles des épouses ou des amies de coeur des pilotes.  C'était le cas d'Ogawa, amoureuse du conducteur japonais Minoru Kawai, de l'écurie Toyota.  Il participait à des compétitions dans ce qui est aujourd'hui l'équivalent de la formule NASCAR ou du circuit CAN-AM.  Un cran au-dessous de la formule Un.


Un jour, Rosa fut invitée à accompagner le vainqueur d'une course sur le podium des gagnants.  Cette vision du charme féminin, accompagnant la force du triomphateur, plut autant aux organisateurs de la course qu'aux spectateurs dans les gradins.  On décida de récidiver et de faire une coutume de cette union charmante.  Le métier d'hôtesse venait de naître.

Ravis de ce mariage brillant entre fille sexy et voitures racées, les publicistes et les gens de marketing, gravitant autour de l'industrie des constructeurs d'autos, ne tardèrent pas à exploiter ce filon.  Des compagnies comme Cosmo Oil, Kawasaki et Toyota firent appel à Rosa Ogawa pour promouvoir leurs produits et leur marque de commerce.  Dans certaines annonces publicitaires, on la voit avec Minoru Kawai qui, entre-temps, était devenu son époux.


Il y a quelque chose de touchant, de romantique et de mythique dans les illustrations de ce couple de vedettes, fiers, jeunes, beaux, heureux et bien de leur temps.  Elle, "race queen", reine de beauté; aux côtés de son homme, intrépide as du volant, chevaleresque, défiant les limites de vitesse, sur son coursier d'acier.  Une histoire digne des grands écrans de cinéma.  Une romance qui allait mal se terminer.  Se conclure d'abrupte façon...

Le 26 août 1970, sur la piste du circuit de Suzuka, Minoru Kawai participe à des essais avec sa Toyota de série 7.  On le compare parfois à un kamikaze, parce qu'il n'hésite pas à prendre des risques élevés lorsqu'il pousse au maximum sa voiture de course.  Ce jour-là, il file à 200 kilomètres à l'heure quand, soudain, il perd le contrôle de son bolide.  L'accident est spectaculaire et terrible.  Kawai est éjecté du véhicule et on le retrouve, gisant sur la piste, avec le crâne fracturé et les jambes cassées.  Dans un état critique, transporté d'urgence à l'hôpital, il rend l'âme trente minutes plus tard...


Dévastée, le coeur brisé, Rosa Ogawa perd ainsi son grand amour, l'homme de sa vie.  C'est la fin atroce du couple modèle japonais, du couple de rêve, si charismatique.  Cette tragédie marquera pour toujours Rosa Ogawa, la reine mère des race queens...

En janvier 2018, les autorités directrices des courses de Formule 1 ont prononcé la fin de l'emploi des Grid Girls (aussi appelées paddock girls, pit girls, ou umbrella girls) lors de la tenue de leurs événements.  Pour expliquer ce bannissement, mettant fin à plusieurs décennies de tradition, on a mentionné que cela ne correspondait plus à l'image de marque du sport, en plus de ne pas répondre aux normes sociales acceptables aujourd'hui.  

L'ancien bonze de la F1, Bernie Ecclestone, des commanditaires comme Red Bull, par la voix de son leader Christian Horner, et certaines ex-Grid Girls elles-mêmes (comme Kelly Brook), ont vertement critiqué cette annonce.  Le Grand Prix de Monaco a même défié cette directive.


Il faut dire que les mouvements féministes, et, plus récemment, le mouvement #MeToo, ont sensibilisé la société en dénonçant ce genre d'emploi réduisant celles qui le pratiquent à un statut de femmes objets.  Beaucoup de gens, qui ne sont pas nécessairement féministes, le jugent sexiste, dégradant, irrespectueux, et associé au phénomène de l'hypersexualisation.

Si faute il y a dans cette controverse concernant les race queens, il faut peut-être chercher du côté des organisateurs de courses ou des employeurs.  En exigeant souvent des tenues super sexy -robes courtes du genre tube top, ou combinaisons moulantes genre lycra ou latex- pour leurs Grid Girls, on a trop exagéré.  Dans ce domaine comme dans bien d'autres, la modération a bien meilleur goût. 

dimanche 30 décembre 2018

AGNIESZKA RADWANSKA TROP SEXY POUR SON PAYS


Au moment d'effectuer la revue de l'année 2018 dans le monde du tennis professionnel féminin, l'événement qui se classe en tête de liste parmi les plus marquants est pour le moins inhabituel.

La normalité, en pareille occasion, veut que l'on souligne une performance, ou un ensemble de performances extraordinaires, de la part d'une joueuse de haut calibre s'étant particulièrement illustrée au cours des douze derniers mois.  Or, cette année, les résultats des sondages et des consultations visant à déterminer le fait saillant de la saison 2018 de tennis féminin pointent vers une annonce triste : celle de la surprenante retraite d'Agnieszka Radwanska.

Une athlète spectaculaire qui ne cessait jamais de nous émerveiller par la beauté et l'ingéniosité de son jeu, à couper le souffle !  Un style personnel et des exploits qui lui ont d'ailleurs valu son surnom de Ninja Magic !

Annoncée en novembre dernier, cette retraite nous semblait prématurée de la part d'une joueuse âgée de seulement 29 ans.  On savait que cette saison, elle était ennuyée par des blessures, mais c'est avec un pincement au coeur que l'inattendue mauvaise nouvelle de son retrait définitif de la compétition nous a frappés.

Dans le fond, cependant, cette retraite forcée n'aurait pas dû nous étonner autant.  Pendant plus de douze années de compétition, à partir des championnats juniors de 2005-2006, Radwanska a tout donné sur les courts.  Elle ne se ménageait pas non plus durant ses nombreux et durs entraînements.  Son style de jeu peu orthodoxe, composé de pirouettes et de contorsions ont pu provoquer des blessures et une usure physique, notamment au niveau des articulations.


Sa marque de "commerce", illustrant ce style singulier et physiquement taxant, était ces coups qu'elle frappait en position assise, comme le montre la photo ci-dessus.     

Outre sa remarquable vivacité mentale et corporelle, ou son incroyable créativité doublée d'une capacité d'improviser la rendant capable de se débrouiller et de se sortir souvent de situations difficiles ou d'impasses, Radwanska possédait ce sixième sens qui lui permettait de se dépasser et d'accomplir des jeux surréels qui semblaient sortir de nulle part.  Des coups imprévus et imparables pour ses opposantes.  Des jeux à l'emporte pièce qui laissaient les spectateurs ébahis et qui, une fois remis de leur stupéfaction, se mettaient à rire et à applaudir en hochant la tête en signe d'incrédulité.

Dans ces moments magiques, Agnieszka, la première Polonaise à remporter un titre de la WTA (vingt titres individuels en carrière, plus deux en double, avec des gains de près de vingt-huit millions de dollars en bourses) n'arrivait pas elle-même à expliquer le coup fumant qu'elle venait de réussir.  Elle se contentait de rire de bon coeur avec les spectateurs avec, en guise de salut, sa manière caractéristique d'élever brièvement sa raquette au-dessus de sa tête avant de reprendre sa position pour le prochain jeu.

Pour elle, le terrain de tennis représentait un échiquier où ses tactiques et son talent lui faisaient placer ses coups bien maîtrisés avec précision.  Toute menue, elle ne pouvait compter sur sa force brute ou sa puissance pour s'imposer comme une Serena Williams ou une Petra Kvitova.  C'est plutôt par la ruse, son adresse et son patient travail de sape et de destruction méthodique qu'elle venait à bout de ses adversaires.


Côté caractère, même si elle était combative et exigeante envers elle-même, Radwanska gardait généralement son calme sur les courts.  S'il lui arrivait de se fâcher après avoir commis une faute ou une erreur, elle manifestait son mécontentement par une moue typique, en se renfrognant, en plissant le nez et en tapant du pied (voir photo ci-dessus).  Elle passait toutefois rapidement et facilement au jeu suivant en reprenant sa concentration.  Ces sautes d'humeur passagères ne se comparaient aucunement aux crises ou aux colères noires de certaines de ses homologues sur le circuit de la WTA.

On se disait -et on souhaitait- qu'avec tous ses atouts, elle finirait bien par gagner un tournoi du Grand Chelem.  Mais cela ne s'est jamais produit.  Elle a néanmoins fait longtemps partie du Top 10 du classement mondial, s'élevant même jusqu'au deuxième rang en 2012, l'année de sa défaite en finale de Wimbledon.  Et, à défaut de remporter les grands honneurs des tournois les plus prestigieux, Radwanska a tout de même été votée gagnante à plusieurs reprises du titre WTA de «Joueuse Favorite des Fans» de 2011 à 2016, et du meilleur coup de l'année («Shot of the Year Award») pour chacune des saisons s'étalant de 2013 à 2017.  Ce n'est pas rien !

Radwanska ne comptait pas que des amies parmi les joueuses du tour de la WTA.  La native de Cracovie ne craignait pas de critiquer certaines de ses rivales (dont, notamment, Maria Sharapova et Victoria Azarenka).  Mais on ne pouvait qualifier ces reproches de "gratuits" ou de méchants.  D'ailleurs, à l'annonce de sa retraite, il y a quelques semaines, un concert d'éloges, venant de toutes parts, a salué son départ. 

















Mais si par son brio et son comportement elle a fait l'unanimité chez les amateurs de tennis, les experts, les analystes ou les professionnels qui l'ont côtoyée, un incident a tout de même jeté un peu d'ombre sur sa carrière.  Du moins aux yeux de certaines personnes.  Des gens de son propre pays, par surcroît...  D'un naturel plutôt "cool", Radwanska n'a probablement pas été si affectée que ça par cet impair, qu'elle n'a d'ailleurs jamais considéré comme tel.

Cela s'est produit en 2013 lorsque Agnieszka a posé nue pour le magazine Body Issue du réseau américain ESPN.  Une querelle a alors éclaté entre elle et des groupes religieux de son pays.  Ces derniers ont publiquement désapprouvé et déploré, ce qu'ils ont appelé "la conduite immorale" de leur célèbre compatriote.  

Selon la championne, les personnes qui l'ont condamnée en Pologne sont incapables de faire la différence entre la pornographie des revues masculines populaires, et les photos de nudité de magazine traitant de santé et de beauté, comme celui pour lequel elle a posé.  «Ils ne connaissent pas ça, ils ne sont pas encore rendus là», a-t-elle alors affirmé, en sous-entendant que la pensée des critiques religieux de son pays n'a pas assez évolué et est en retard par rapport à celle du reste du monde occidental.


Ces photos, avait précisé Radwanska, ne sont pas sexuellement explicites.  Elles ne veulent que célébrer la beauté physique des athlètes, et montrer aux jeunes filles, par exemple, comment l'exercice, et de saines habitudes de vie, peuvent les rendre jolies et fortes.  Elle soulignait qu'avant elle, des consoeurs de "travail", comme Serena Williams, Daniela Hantuchova et Vera Zvonareva se sont aussi laissées photographier dans leur plus simple appareil, pour la même cause.  D'ailleurs, a-t-elle dit, les filles sur le circuit de la WTA (Women Tennis Association) ont toutes bien apprécié les images en questions sur Body Issue.




La première réaction défavorable aux images de nudité de Radwanska est venue du groupement de jeunesse polonais MLODYCH ("Croisade Jeunesse"), pour lequel, comble de l'ironie, Agnieszka était une représentante, et avait été la tête d'affiche d'une récente campagne publicitaire pour inciter les Catholiques à ne pas être gênés de montrer leur attachement à Jésus.  Après la controversée séance de photos, qu'ils ont dénoncée publiquement, les dirigeants de MLODYCH ont expulsé Radwanska de leur mouvement.

Un prêtre polonais, le Père Marek Dziewiecki, a appuyé cette condamnation, pour immoralité, de la joueuse de tennis "fautive" alors âgée de 25 ans, originaire de la ville de Cracovie.  En colère, le religieux a stipulé que : «c'est une honte que quelqu'un qui a déclaré son amour pour Jésus fasse maintenant la promotion de la mentalité d'hommes qui considèrent la femme comme un objet plutôt que comme un enfant de Dieu digne de respect et d'amour.»



Pour sa part, Radwanska ne voyait rien de scandaleux dans cette affaire.  Elle ne s'offusquait pas que des hommes aient pu acheter des copies du magazine d'ESPN (Body Issue) pour voir avant tout...son derrière dénudé !  Du moment qu'ils aient pu lire l'article qui accompagnait les photos, pour être ainsi sensibilisés à la cause de la santé et de l'importance d'être en bonne forme physique.  Hummmm...pas certain que ces messieurs se soient donnés la peine d'aller plus loin que les clichés montrant les fesses d'Agnieszka...

Bon laissons cette controverse de côté et revoyons quelques-uns des coups les plus hallucinants de Ninja Magic !